TWEETER AMT VS TWEETER À DÔME
Dans une enceinte acoustique, le tweeter est le haut-parleur chargé de reproduire les fréquences les plus aiguës. Il intervient notamment dans la restitution des cymbales, des cordes, des voix et de nombreux détails qui participent à la richesse d'un enregistrement.
Il existe plusieurs technologies de tweeters, dont deux particulièrement intéressantes à comparer : le tweeter à dôme traditionnel et le tweeter AMT, pour Air Motion Transformer.
Tous deux remplissent la même fonction, mais leur manière de produire le son est différente.
Une technologie développée par Oskar Heil
Le principe de l'AMT a été développé par le physicien Oskar Heil au début des années 1970.
Dans un tweeter classique à dôme, une petite membrane avance et recule pour déplacer l'air et produire du son.
L'AMT fonctionne autrement.
Sa membrane, extrêmement fine et légère, est repliée sur elle-même comme un accordéon. Lorsqu'elle reçoit le signal électrique, ses plis se rapprochent et s'écartent rapidement.
Ce mouvement comprime puis expulse l'air présent entre les plis, ce qui produit les ondes sonores.
C'est cette manière particulière de déplacer l'air qui distingue l'AMT des autres technologies de tweeters.
Le tweeter à dôme : une membrane qui avance et recule
Le tweeter à dôme est l'une des technologies les plus répandues dans les enceintes hi-fi.
Il utilise une petite membrane arrondie, généralement fabriquée en tissu, en aluminium ou dans d'autres matériaux légers.
Cette membrane est reliée à une bobine électrique placée dans un champ magnétique. Lorsque le signal musical traverse la bobine, celle-ci entraîne la membrane dans un mouvement d'avant en arrière.
L'air est alors mis en mouvement, ce qui produit le son.
Le principe est assez simple et bénéficie de nombreuses années de développement. Selon les matériaux employés et la conception du tweeter, il permet d'obtenir une reproduction précise des hautes fréquences.
Le tweeter AMT : une membrane qui comprime l'air
Le tweeter AMT fonctionne selon un principe différent, développé par le physicien Oskar Heil au début des années 1970.
Au lieu d'une membrane arrondie, il utilise une membrane fine et légère, repliée comme un accordéon.
Lorsque le signal électrique arrive, les plis de cette membrane se rapprochent et s'écartent rapidement.
L'air présent entre les plis est alors comprimé puis expulsé vers l'extérieur.
Contrairement au tweeter à dôme, dont la membrane pousse directement l'air en avançant et en reculant, l'AMT produit le son grâce aux mouvements de ses plis.
Cette différence de fonctionnement est à l'origine de ses principales caractéristiques.
Une différence de surface et de mouvement
La forme de la membrane joue un rôle essentiel dans les deux technologies.
Sur un tweeter à dôme, la surface qui déplace l'air correspond principalement à celle du dôme.
Sur un AMT, les nombreux plis permettent de réunir une surface de membrane plus importante dans un espace relativement compact.
Cette construction permet de déplacer efficacement l'air avec des mouvements de faible amplitude.
Autre particularité, la membrane de l'AMT est généralement extrêmement légère. Elle présente donc une faible inertie, c'est-à-dire une faible résistance aux changements de mouvement.
Ces caractéristiques favorisent une réponse rapide aux variations du signal musical.
Un tweeter à dôme bien conçu sait lui aussi reproduire des variations rapides. La différence tient avant tout à la façon dont chaque technologie met l'air en mouvement.
Quelles différences à l'écoute ?
La conception d'un tweeter influence sa manière de reproduire les hautes fréquences.
Grâce à sa membrane plissée, à sa grande surface active et à ses faibles déplacements, l'AMT offre des caractéristiques intéressantes en matière de rapidité, de rendement et de maîtrise de la distorsion.
Le rendement désigne la capacité du tweeter à produire du son à partir de l'énergie électrique reçue.
La distorsion, quant à elle, correspond aux modifications indésirables du son produites par le haut-parleur.
Ces propriétés intéressent particulièrement les concepteurs d'enceintes lorsqu'ils cherchent à reproduire avec précision les attaques des instruments, les petites variations sonores et les détails présents dans les hautes fréquences.
Le tweeter à dôme possède également ses propres qualités. Sa conception permet de maîtriser précisément sa réponse sonore et la manière dont il diffuse le son dans la pièce.
La dispersion, c'est-à-dire la façon dont les fréquences se répartissent autour de l'enceinte, dépend de la forme et des dimensions du tweeter. Un AMT et un dôme ne diffusent donc pas nécessairement le son de la même manière.
Il serait toutefois incorrect d'affirmer qu'une technologie garantit systématiquement une meilleure écoute. Le résultat dépend de la qualité du tweeter, de son filtre et de son association avec les autres haut-parleurs.
Pourquoi avons-nous choisi l'AMT chez Esprit ?
Chez Esprit, nous avons retenu la technologie AMT pour l'ensemble de nos enceintes acoustiques : Stella, Amelia et Lisa.
Ce choix est le résultat de nombreux essais et d'un travail sur l'association des différents haut-parleurs.
Nous recherchions notamment une membrane légère, une réponse rapide et une reproduction précise des hautes fréquences.
L'AMT répond à ces objectifs, tout en s'intégrant à notre philosophie de filtrage à 6 dB par octave.
Ce filtre permet une transition progressive entre les haut-parleurs. Il demande une attention particulière à leur comportement, puisqu'ils continuent à reproduire certaines fréquences communes autour de leur zone de raccordement.
Sur Stella, l'AMT accompagne un haut-parleur médium-grave de 15 cm. Amelia l'associe à un haut-parleur de 20 cm à moteur Alnico, tandis que Lisa adopte un AMT de plus grande dimension avec deux haut-parleurs de 20 cm.
Dans les trois cas, nous cherchons le même résultat : une reproduction précise des hautes fréquences, sans mise en avant artificielle de l'aigu.
La technologie AMT constitue ainsi l'un des choix techniques communs à nos trois enceintes. Sa qualité dépend aussi du soin apporté à son intégration dans l'ensemble acoustique.