POURQUOI LES PREMIÈRES MINUTES NE SUFFISENT PAS ?
Pourquoi l’écoute longue est essentielle ?
L’oreille humaine est sensible aux différences d’équilibre spectral. Les recherches menées sur la perception des enceintes montrent d'ailleurs que les auditeurs expriment des préférences relativement cohérentes pour certaines caractéristiques de reproduction, notamment des réponses en fréquence régulières et des comportements acoustiques maîtrisés.
Chez Esprit, cette distinction occupe une place importante dans le développement des produits.
Nous développons des câbles et des enceintes avec une exigence simple : concevoir des produits que nous aurions nous-mêmes envie d’utiliser quotidiennement, chez nous, pendant de longues heures d’écoute. Un produit n’est donc pas uniquement évalué sur sa capacité à mettre en évidence un détail lors d’une comparaison rapide : il doit rester naturel, cohérent et agréable au fil de l’écoute.
Le spectaculaire n’est pas nécessairement synonyme de fidélité.
L’oreille humaine est sensible aux différences d’équilibre spectral. Les recherches menées sur la perception des enceintes montrent d'ailleurs que les auditeurs expriment des préférences relativement cohérentes pour certaines caractéristiques de reproduction, notamment des réponses en fréquence régulières et des comportements acoustiques maîtrisés. Les préférences individuelles concernant la quantité de grave ou d’aigu peuvent néanmoins varier sensiblement d’un auditeur à l’autre.
Cela explique pourquoi il faut être prudent avec certains effets immédiatement séduisants.
Un aigu mis en avant peut donner une sensation accrue de précision. Un grave excessif peut procurer une fausse impression d’ampleur. Une présentation très démonstrative peut être séduisante sur un morceau soigneusement choisi.
Mais ces caractéristiques ne signifient pas nécessairement que davantage d'informations sont reproduites. Elles peuvent simplement mettre davantage l'accent sur certaines parties du spectre.
C’est précisément ce que nous cherchons à éviter.
Écouter des morceaux, mais surtout écouter de la musique
Une écoute courte est extrêmement utile pendant le développement. Elle permet de comparer rapidement deux solutions, d’identifier une différence ou de vérifier un paramètre précis. Les méthodes professionnelles d’évaluation audio utilisent d'ailleurs des protocoles rigoureux pour détecter de petites différences entre systèmes.
Mais chez Esprit, cette écoute analytique n’est qu’une partie du travail.
Après les comparaisons, viennent des séances beaucoup plus longues, durant lesquelles l’objectif change : cesser de chercher les différences et simplement écouter de la musique.
Est-ce que le système donne encore envie d’écouter après plusieurs albums ? Les timbres restent-ils naturels ? Le grave conserve-t-il sa lisibilité ? Certaines fréquences finissent-elles par attirer anormalement l’attention ? Peut-on passer d’un enregistrement acoustique à du jazz, du rock, de la musique électronique ou à un grand ensemble orchestral sans avoir le sentiment que le système impose constamment sa propre personnalité ?
La fatigue d’écoute comme signal d’alerte
Il faut ici être précis : la fatigue auditive n’est pas provoquée uniquement par la tonalité d'une enceinte. Le niveau sonore, la durée d’exposition, l’acoustique de la pièce, la distorsion, l’enregistrement lui-même et les caractéristiques individuelles de l’auditeur peuvent tous intervenir.
Le niveau d’écoute est d’ailleurs suffisamment important pour que les recommandations professionnelles définissent précisément les conditions et niveaux utilisés lors d’évaluations critiques.
L’absence de fatigue constitue un critère important. Un système qui attire continuellement l’attention sur une partie du spectre peut sembler spectaculaire au départ mais devenir moins naturel au fil du temps.
C’est pourquoi nous recherchons plutôt un équilibre permettant aux détails d’être présents sans devoir être artificiellement soulignés et fatiguant à la longue.
Une écoute fatigante sur la durée peut résulter d’un médium trop présent, d’un aigu excessivement relevé ou d’un grave trop rond et envahissant. Ces déséquilibres, parfois cumulés, peuvent provenir des enceintes, des électroniques, de l’acoustique de la pièce ou d’une installation inadaptée du système Hi-Fi.
Quand le système finit par disparaître
Une bonne reproduction ne devrait pas conduire l’auditeur à penser continuellement au grave, au tweeter, au câble ou à la largeur de la scène sonore.
Progressivement, l’attention doit pouvoir quitter le système pour revenir vers l’interprétation.
Une voix doit redevenir une voix. Une batterie doit retrouver son impact et ses nuances. Les instruments doivent occuper un espace cohérent sans que l’auditeur cherche constamment à analyser leur position.
La meilleure démonstration n’est donc pas nécessairement celle qui impressionne le plus dans les cinq premières minutes. Pour nous, c’est celle qui, une heure plus tard, donne simplement envie de choisir un autre album.